
Après mon divorce, je ne voulais plus d’un couple qui s’installe. Mais je refusais de renoncer au désir. Voici ce que j’ai vécu en choisissant un sex friend.
Je m’appelle Sophie, j’ai 57 ans. Je suis divorcée depuis cinq ans, après vingt-cinq ans de mariage. Mes deux enfants sont adultes et vivent leur vie. Quand mon couple s’est terminé, j’ai d’abord eu besoin de silence et d’espace. Je ne voulais plus gérer les habitudes de quelqu’un, les compromis quotidiens, la charge mentale qui s’installe peu à peu. En même temps, mon corps était encore vivant. Le désir n’avait pas disparu, il avait simplement été mis de côté pendant des années.
J’ai choisi une relation sans engagement parce que je voulais de la légèreté. Un sex friend, pour moi, c’était la possibilité de retrouver le plaisir sans projet de vie commune, sans nuits entières, sans week-ends, sans présentation aux enfants. Je ne cherchais ni à remplacer mon ex-mari ni à reconstruire un foyer. Je voulais juste des moments choisis, où l’on se voit quand on a envie et où l’on ne se doit rien d’autre.
On s’est rencontrés via une application de rencontre. Dès le début, on a posé les règles clairement : pas de nuit complète chez l’un ou l’autre, une à deux rencontres par mois, et la liberté de dire si l’on a envie ailleurs. On vérifie à chaque fois que le désir est là des deux côtés. Si l’un n’est pas disponible émotionnellement ou physiquement, on arrête, sans pression. La discrétion compte aussi. Mes enfants savent que je vois quelqu’un, mais ils ne connaissent pas les détails. Ça me protège, et ça les protège aussi.
Ce qui se passe vraiment, c’est d’abord du plaisir. Après des années où le sexe était devenu mécanique, j’ai redécouvert mon corps. On prend le temps, on parle de ce qui plaît, on rit. Il y a de la complicité. Parfois un attachement se glisse, et on en parle. Si ça devient trop fort de mon côté ou du sien, on espace ou on met fin. Le regard des autres existe : certains amis trouvent ça moderne, d’autres jugent. Je n’en fais pas un sujet de conversation, mais je n’en ai pas honte non plus.
Se protéger fait partie du cadre. On utilise le préservatif tant que les dépistages ne sont pas faits et partagés. On en parle sans tabou. Si l’un refuse, on ne va pas plus loin. Après 50 ans, on pense parfois que le risque a disparu parce qu’il n’y a plus de grossesse. Pourtant les nouvelles relations existent, et les IST aussi. Les sites comme questionsexualite.fr et ameli.fr rappellent l’importance du dépistage (laboratoires, CeGIDD). Le Planning familial peut aussi aider à mettre des mots sur le consentement et les limites.
Savoir arrêter est aussi important que savoir commencer. Quand j’ai senti que je m’attachais trop et qu’il voulait plus de place dans ma vie, on a mis fin. C’était clair et respectueux. Pas de culpabilité. Une relation sans engagement peut être épanouissante si elle reste un choix partagé, avec des règles, de la prévention et la possibilité de stopper sans drame. Ce n’est pas une solution pour toutes les femmes après 50 ans, mais pour moi, après un divorce, elle a été une façon de retrouver le désir sans renoncer à la liberté que j’avais reconquise.

