
À 53 ans, Gilles incarne cette génération X que tout le monde a zappée : coincée entre les baby-boomers qui ont tout raflé et les milléniaux qui hurlent leur précarité sur TikTok. Ni héros, ni victimes. Juste des silencieux qui ont encaissé. Dans ce témoignage brut, sans filtre et sans langue de bois, il livre un constat amer sur quarante années de trahisons politiques, économiques et culturelles. Un réquisitoire qui résonne comme un cri de rage contenue. Nous l’avons recueilli pour Seneoo. Il parle pour des millions de quinquas qui, comme lui, se réveillent dans un pays qu’ils ne reconnaissent plus.
Je fais partie de cette génération qu’on a oubliée entre les boomers et les milléniaux. Celle qui n’a jamais fait de vagues, qui n’a jamais défilé pour ses propres intérêts, qui n’a jamais demandé qu’on la plaigne. Celle qui a simplement encaissé, en silence, pendant que les décennies défilaient.
On nous a tout vendu. Mitterrand en 1981, la gauche au pouvoir avec ses promesses de changer la vie, le progrès social, la France forte, l’Europe radieuse, la mondialisation heureuse. Un monde plus juste, plus ouvert, plus prospère. Résultat ? Le chômage de masse qui s’installe dès les années 80, la dette publique qui explose comme un cancer (de 20 % du PIB à plus de 110 % aujourd’hui), les délocalisations en cascade qui ont vidé nos usines au profit de la Chine, et la repentance permanente comme nouvelle religion d’État.
On a compris très jeunes que la promesse politique n’engage que ceux qui y croient encore. Nous, on a bossé. On a cotisé. On a payé nos impôts sans broncher, pendant que les élites parisiennes et bruxelloises nous expliquaient que se serrer la ceinture était la seule vertu républicaine.
Et aujourd’hui, après quarante ans de labeur, on nous explique que le problème, finalement, c’est nous. Trop blancs. Trop vieux. Trop français. Trop attachés à un pays qui n’existerait plus, paraît-il, depuis longtemps. On est devenus les boucs émissaires d’un système que nous avons financé de notre sueur.

On a vu arriver l’immigration massive qu’on n’avait pas le droit de questionner. Pas un débat, pas une consultation, juste l’injonction morale : Tais-toi ou t’es raciste. Des millions d’arrivants, souvent sans volonté d’intégration, qui ont transformé des quartiers entiers en zones de non-droit, avec leurs communautarismes, leurs trafics, leurs prières de rue et leur insécurité galopante. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : surreprésentation dans la délinquance, coût colossal pour les hôpitaux, les écoles et les aides sociales. Mais chut… c’est tabou. On a importé la misère du monde sans jamais compter le prix, pendant que nos gosses galéraient pour trouver un studio à Paris ou Marseille.
L’argent magique ? Un autre interdit. On a creusé la dette sans fin pour financer un État providence hypertrophié, des allocations à tout-va, des aides aux associations inclusives et des subventions aux ONG qui organisent le flux migratoire. Résultat : on bosse jusqu’à crever pour un système qui ne nous protège plus. Les impôts et cotisations ponctionnent nos salaires comme jamais, pendant que les élites nous serinent que l’Europe nous protège et que la BCE imprime du cash comme une machine à sous cassée. Mensonge. C’est notre retraite à nous, la génération X, qui trinque : on paie pour les boomers qui partent, pour les immigrés qui arrivent, et pour les milléniaux qui héritent du chaos.

Et puis il y a cette idéologie de la repentance et de la culpabilisation importée d’Amérique, qu’on n’avait pas le droit de critiquer. La repentance infinie : la France coupable de tout colonialisme, esclavage, racisme systémique alors qu’elle a construit le monde moderne. L’homme blanc hétéro, père de famille, devient l’ennemi public numéro un dans les médias, l’école et les entreprises. On réécrit l’histoire, on déboulonne les statues, on impose la diversité comme critère unique, au détriment du mérite. Nos enfants apprennent à haïr leur pays avant même de le connaître. Trois tabous. Trois accélérateurs du chaos que nos gosses ramassent aujourd’hui en pleine figure.
Nous, au moins, on a vécu notre jeunesse dans les années 1980. On était heureux et insouciants, putain. On sortait sans se poser mille questions. On trouvait du boulot en claquant des doigts, même sans diplôme. On faisait la fête jusqu’au bout de la nuit dans des boîtes qui ne fermaient jamais, on draguait sans risquer une plainte pour harcèlement, on voyageait en stop. La France sentait encore la baguette chaude et le Ricard au zinc. Pas de climato-anxiété, pas de safe space , pas de dette étudiante qui te suit jusqu’à 40 ans, pas de réseaux sociaux qui te jugent 24h/24, la fête n’était pas politique, on voulait juste s’amuser. On était libres, bordel. On croyait encore que l’avenir nous appartenait.

Aujourd’hui, je regarde mes enfants et ceux de mes potes, et je suis très inquiet. Très. Ils héritent d’un pays fracturé, endetté jusqu’à l’os, où il faut galérer trois ans pour un CDD, où le logement est devenu un luxe, où l’école leur apprend plus à se détester qu’à lire et compter. Ils grandissent avec l’angoisse permanente : Est-ce que je vais pouvoir me soigner ? Me loger ? Avoir des gosses sans finir à la rue ? Ils n’ont pas connu l’insouciance. Ils ont grandi dans le chaos que nous avons laissé s’installer par lâcheté collective. Et ça me fout la rage.
Voilà la France de 2026 : un pays où on s’excuse d’exister dans son propre pays. Où les hôpitaux saturés, les logements inaccessibles et l’insécurité quotidienne deviennent la norme. On regarde ses enfants galérer pour se loger, se soigner, se projeter dans l’avenir, et on se demande ce qu’on leur laisse. Une nation fracturée, une identité diluée, une économie exsangue.
Je ne milite pour aucun parti, je ne roule pour personne. Je suis simplement de cette génération qui a compris trop tard. Celle qui a cru aux promesses. Celle qui a joué le jeu jusqu’au bout. Celle qui se réveille un matin dans un pays qu’elle ne reconnaît plus, avec le sentiment étrange d’être devenue étrangère chez elle. Alors quand on nous dit que cela fait vieux con de dire que c’était mieux avant, c’est surement pour cacher la politique désastreuse mise en place depuis 30 ans, car je connais peu de personnes qui ne sont pas nostalgiques du passé, même si l’on a fait des progrès en santé ou dans les nouvelles technologies, tout le monde s’accordent pour dire que l’on était plus heureux avant et on était beaucoup plus libre.
Gilles n’est pas un extrémiste. Il est la France silencieuse des cinquante ans et plus. Celle qui a tenu le pays à bout de bras pendant des décennies et qui refuse aujourd’hui de se faire insulter dans sa propre maison.

