Pour prendre votre retraite, la règle générale a changé : l’âge légal de départ est désormais fixé à 64 ans pour toutes les personnes nées à partir de 1968 (avec un relèvement progressif pour les générations précédentes). Cependant, si vous ressentez une certaine lassitude professionnelle, ou si vous souhaitez simplement rejoindre un conjoint déjà retraité pour entamer une nouvelle vie, sachez que des dispositifs permettent encore de lever le pied plus tôt.
Vous avez commencé à travailler très jeune : le dispositif « Carrières longues »
La réforme de 2023 a assoupli et clarifié le dispositif des carrières longues en créant quatre paliers de départ anticipé. Pour en bénéficier, vous devez avoir validé au moins 5 trimestres (ou 4 si vous êtes né en fin d’année) avant la fin de l’année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans.
- Avant 16 ans : départ possible dès 58 ans.
- Avant 18 ans : départ possible dès 60 ans.
- Avant 20 ans : départ possible entre 60 et 62 ans selon votre année de naissance.
- Avant 21 ans : départ possible dès 63 ans.
Vérifiez bien votre relevé de carrière sur votre espace personnel Info-Retraite pour confirmer que vous remplissez ces conditions de trimestres « cotisés ».
Rachetez des trimestres pour gagner du temps
C’est une option souvent méconnue mais efficace : vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres au maximum. Ces rachats concernent généralement vos années d’études supérieures ou des années dites « incomplètes » (périodes où vous avez validé moins de quatre trimestres, comme lors de petits boulots ou de temps partiels).
Combien coûte un rachat de trimestres ? Le prix évolue selon votre âge et vos revenus au moment de la demande. En 2026, pour un salarié percevant environ 40 000 € par an, le coût d’un trimestre peut osciller entre 3 500 € et plus de 6 000 € selon l’option choisie (taux seul ou taux + prolongation de la durée d’assurance). C’est un investissement lourd : calculez bien la rentabilité avant de vous lancer, notamment en fonction de votre espérance de vie à la retraite.
Partir avec une décote : un choix à double tranchant
Si vous décidez de partir dès l’ouverture de vos droits sans avoir tous vos trimestres, le montant de votre pension subira une minoration définitive, appelée décote. Elle est de 1,25 % par trimestre manquant.
Plus vous partez tôt, moins votre pension sera confortable. Pour compenser cette baisse de revenus, certains retraités choisissent de s’installer en province ou à l’étranger, par exemple au Portugal ou en Espagne, où le coût de la vie et la fiscalité peuvent s’avérer plus avantageux, bien que les règles fiscales européennes évoluent régulièrement. Réfléchissez bien à l’impact sur le long terme !
La retraite progressive : la transition en douceur dès 62 ans
Si vous ne voulez pas arrêter brutalement, la retraite progressive est une excellente alternative. Depuis la réforme, elle est accessible à partir de 62 ans (soit deux ans avant l’âge légal). Le principe ? Vous passez à temps partiel (entre 20 % et 80 % d’un temps plein) et vous commencez à percevoir une partie de vos pensions de retraite de base et complémentaire. Cela vous permet de continuer à cotiser pour améliorer votre future pension définitive tout en levant le pied.
À noter : Ne confondez pas ce dispositif avec le cumul emploi-retraite, qui intervient une fois que votre retraite est totalement liquidée et qui peut désormais, sous certaines conditions, vous créer de nouveaux droits à la retraite.
Dans tous les cas, nous vous conseillons vivement de solliciter un entretien avec votre caisse de retraite deux ans avant la date envisagée. N’hésitez pas à relire notre article sur la préparation des documents pour arriver serein à ce rendez-vous crucial.


