Comment préparer sa retraite, les étapes clés

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Comment préparer sa retraite

Vous êtes toujours en activité, mais bientôt proche de la retraite. Vous vous demandez comment anticiper cette épreuve, quels documents réunir et, surtout, vers quels interlocuteurs vous tourner. Dans un contexte législatif qui évolue régulièrement, une bonne préparation est le gage d’une fin de carrière sereine.

Les rendez-vous à ne pas manquer

Dès 45 ans, vous avez la possibilité de solliciter un entretien d’information retraite (EIR) auprès de votre caisse. C’est le moment idéal pour faire le point sur vos droits, simuler l’impact de vos choix de carrière et connaître l’âge auquel vous pourrez prétendre au taux plein, compte tenu de l’allongement de la durée de cotisation.

À partir de 55 ans, vous recevez votre Estimation Indicative Globale (EIG). Ce document crucial récapitule le montant estimé de vos futures pensions (base et complémentaire) selon différentes hypothèses d’âge de départ. Aujourd’hui, le réflexe indispensable est de se connecter sur le portail Info-Retraite.fr ou d’utiliser l’application « Mon compte retraite » pour suivre l’évolution de vos droits en temps réel.

Comprendre les régimes : base et complémentaire

Le système français repose toujours sur deux piliers :

  • Le régime de base : Il fonctionne par annuités. Vos droits dépendent du nombre de trimestres cotisés ou validés. Les cotisations sont calculées sur votre rémunération dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
  • Le régime complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés du privé) : Ici, on raisonne en points. Plus vous cotisez, plus vous accumulez de points qui seront convertis en pension le moment venu. Depuis la fusion des régimes en 2019, la gestion est simplifiée, mais la vigilance reste de mise.

L’importance cruciale du relevé de carrière

Obtenir son Relevé de Situation Individuelle (RIS) est la première démarche concrète. Ce document centralise tous vos droits acquis dans les différents régimes où vous avez cotisé.

Attention : Il vous appartient de vérifier minutieusement la cohérence de ce relevé. Les oublis (jobs d’été, périodes de chômage, service militaire ou trimestres pour enfants) sont plus fréquents qu’on ne le pense. Vous êtes la seule personne à connaître votre parcours exact. Comparez votre relevé avec vos bulletins de salaire que vous aurez précieusement conservés.

Si votre carrière est atypique (multi-employeurs, périodes à l’étranger, indépendance), n’attendez pas le dernier moment pour contacter un conseiller ou un expert retraite afin de régulariser votre dossier. Depuis quelques années, la demande de liquidation de retraite se fait désormais intégralement en ligne de manière simplifiée pour l’ensemble de vos régimes.

Anticiper la baisse de revenus : le nouveau PER

La réforme de 2023 a confirmé la tendance : l’âge légal de départ recule progressivement vers 64 ans et la durée de cotisation s’allonge. Pour compenser la baisse inévitable de votre niveau de vie, il est essentiel de se constituer un complément de revenus.

Le PER (Plan d’Épargne Retraite), lancé fin 2019, remplace désormais les anciens PERP et contrats Madelin. Plus souple, il permet de déduire vos versements de votre revenu imposable tout en offrant, au moment de la retraite, le choix entre une sortie en capital (en une fois ou fractionnée) ou en rente viagère. Plus vous commencez tôt — idéalement dès 30 ou 40 ans — plus l’effort d’épargne est indolore.

Les points de vigilance pour une transition sereine

  • Gérer ses crédits : Si vous avez des emprunts en cours qui courent après la date de votre départ, la baisse de revenus peut peser lourd. Le regroupement de crédits est une option à étudier : en rééchelonnant la dette, vous réduisez vos mensualités pour les adapter à votre future pension.
  • Le patrimoine immobilier : Être propriétaire de sa résidence principale au moment du départ reste le meilleur bouclier contre la précarité. Sans loyer à payer, votre pouvoir d’achat est préservé.
  • La protection du conjoint : Rappelons qu’en France, le pacte civil de solidarité (PACS) ou le concubinage n’ouvrent toujours pas droit à la pension de réversion. Seul le mariage permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite de l’époux décédé.
  • Le bilan de santé : Un conseil pratique mais essentiel : profitez de votre mutuelle d’entreprise tant que vous êtes salarié pour effectuer vos soins dentaires, d’optique ou bilans complets. Les complémentaires santé « senior » sont souvent plus coûteuses pour des garanties parfois moins avantageuses.