Après le décès de mon mari, je ne savais pas qu’il fallait demander la pension de réversion

Après le décès de mon mari, je ne savais pas qu’il fallait demander la pension de réversion

Quand mon mari est parti, il y a un peu plus de deux ans, j’avais 61 ans. Entre les démarches administratives, la maison vide et le chagrin, je me suis dit que les caisses de retraite allaient s’en occuper. Personne ne m’avait jamais expliqué que la pension de réversion n’arrive jamais toute seule.

Ce n’est que six mois plus tard, en discutant avec une amie veuve, que j’ai compris. Il fallait que je la demande moi-même. Sur info-retraite.fr. Et que les règles étaient différentes selon les régimes. J’ai eu de la chance : j’avais encore le temps. Beaucoup d’autres passent à côté, ou attendent trop longtemps.

Voici ce que j’aurais aimé savoir plus tôt, et ce que je partage aujourd’hui avec celles et ceux qui se retrouvent dans la même situation.

Qui peut prétendre à la pension de réversion ?

Seul le mariage ouvre le droit. Il faut avoir été marié(e) avec la personne décédée. L’ex-conjoint divorcé est assimilé au conjoint survivant : il peut donc aussi demander sa part.

Âge : 55 ans minimum pour le régime général (Assurance retraite) et, en règle générale, pour l’Agirc-Arrco. Des exceptions existent à l’Agirc-Arrco (invalidité ou au moins deux enfants à charge au moment du décès).

Ressources (uniquement pour la retraite de base) : en 2026, le plafond est de 25 001,60 € par an pour une personne seule et 40 002,56 € si l’on vit en couple (remariage, PACS ou concubinage). Les revenus d’activité sont pris en compte à 70 % à partir de 55 ans. L’examen porte d’abord sur les trois mois précédents.

Montants indicatifs :

  • Régime de base : 54 % de la retraite de base du défunt (minimum 334,92 €/mois en 2026 si au moins 60 trimestres cotisés).
  • Agirc-Arrco : 60 % des droits complémentaires, sans condition de ressources.
  • Fonction publique : 50 %, avec des règles propres (durée de mariage, enfants, etc.).

S’il y a plusieurs mariages, la pension est partagée au prorata de la durée de chaque union (calculée de date à date, arrondie au mois inférieur).

Ce qui n’ouvre aucun droit, et pourquoi il faut anticiper

Le PACS et le concubinage ne donnent aucun droit à la pension de réversion, dans aucun régime, même après 30 ou 40 ans de vie commune. C’est l’une des grandes différences avec le mariage.

Si vous vivez en couple non marié et que l’un de vous a une retraite correcte, le manque à gagner peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois. Anticiper, c’est parfois se marier (même tard), ou mettre en place d’autres protections (assurance-vie, testament, etc.).

La demande en ligne : une seule démarche pour tous les régimes

La demande en ligne : une seule démarche pour tous les régimes

Depuis plusieurs années, le service Demander ma réversion sur info-retraite.fr permet de faire une seule demande pour l’ensemble des régimes auxquels le défunt a cotisé. Plus besoin d’écrire à chaque caisse séparément.

Les étapes principales :

  1. Créer ou ouvrir son compte retraite (connexion FranceConnect).
  2. Renseigner l’identité de la personne décédée.
  3. Le service vérifie l’éligibilité et affiche les régimes concernés.
  4. Compléter ses informations personnelles et ses ressources.
  5. Téléverser les justificatifs (acte de naissance avec mentions marginales, livret de famille, RIB, avis d’imposition récents, etc.).
  6. Valider et suivre l’avancement dans Suivre mes demandes.

On peut enregistrer le dossier et y revenir pendant 90 jours. Les pièces peuvent aussi être scannées via l’application mobile. Les délais de traitement varient selon les caisses, mais la demande unique évite d’oublier un régime.

Les pièges les plus fréquents

  • Croire que c’est automatique. Ce n’est jamais le cas.
  • Oublier la différence entre base et complémentaire. On peut perdre la réversion de base à cause du plafond de ressources tout en conservant l’Agirc-Arrco (60 %, sans plafond).
  • Le remariage. Au régime général, le droit est maintenu (mais les ressources du nouveau foyer sont prises en compte). À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le remariage (ou parfois le PACS/concubinage) entraîne la perte ou la suspension des droits.
  • Sous-estimer le partage avec un ex-conjoint. La durée du mariage compte, pas seulement qui était marié au moment du décès.
  • Attendre trop longtemps. Même s’il n’y a pas de délai de forclusion strict dans tous les cas, plus on tarde, plus on perd de mois de versement.

Les plafonds de ressources et les montants minimum changent chaque année. Vérifiez toujours les chiffres à jour sur service-public.fr, info-retraite.fr, lassuranceretraite.fr ou le site Agirc-Arrco.

Si vous venez de perdre votre conjoint ou si vous avez divorcé il y a longtemps, prenez le temps de simuler vos droits sur info-retraite.fr. Une demande bien faite peut sécuriser une part non négligeable de vos revenus pour les années à venir. Et ce n’est pas une démarche qu’on fait pour plus tard : c’est maintenant qu’elle compte.