250 € d’essence par mois : pourquoi les économies de carburant ne changent presque rien

Moi, c’est Thomas, 43 ans, technicien dans une entreprise près de Lyon. Je vis en périphérie avec mes deux enfants, et tous les jours je fais les trajets aller-retour. Résultat : 250 euros d’essence par mois, rien que pour ça. Et encore, je fais attention, je n’ai pas le choix. Ce n’est pas comme si je pouvais télétravailler ou changer de travail facilement.

J’ai fait un stage d’éco-conduite, pris en charge par ma mutuelle, heureusement. Ça m’a permis de faire quelques petites économies sur le plein, deux ou trois euros peut-être. J’étais déjà un conducteur prudent, je ne roule pas n’importe comment, donc franchement, ça n’a pas changé grand-chose. Mais bon, c’était gratuit, alors tant mieux.

Pour le carburant, j’utilise des applications qui comparent les prix des stations. Je les regarde, oui. Mais si je dois faire 15 kilomètres de plus pour gagner trois centimes au litre, ce n’est pas rentable : ça me fait perdre du temps et de l’essence en plus. Quand je suis sur la route, je vérifie rapidement s’il y en a une moins chère sur mon trajet, mais franchement, quelle vie de devoir faire ça à chaque fois.

Le covoiturage ? Non merci. Je n’ai pas envie de discuter le matin avec un inconnu qui va me raconter sa journée ou ses problèmes. Et puis attendre quelqu’un qui est en retard, ça enlève toute liberté. Très peu pour moi.

Du coup, comme beaucoup de gens, j’ai réduit mes déplacements au maximum. Le week-end, je ne bouge plus. Les courses, je les fais une seule fois par semaine à l’hypermarché le plus proche de chez moi. Et tout ce que je peux commander en ligne avec la livraison gratuite, je le fais. Au moins, ça m’évite de prendre la voiture inutilement.

Les centres-villes se vident

Évidemment, ça n’arrange rien pour les petits commerces du centre-ville : ils voient de moins en moins de monde, et tout l’argent part chez les grands acteurs du e-commerce. Mais je ne vais pas me mettre en difficulté pour sauver le système.

J’ai bien pensé passer à une voiture électrique. Sur le papier, c’est intéressant. Sauf qu’elles coûtent encore très cher à l’achat. Et je ne suis pas naïf : si tout le monde en prend une, l’État se rattrapera en augmentant fortement les taxes sur l’électricité. Ils l’ont déjà fait avec le gazole, on connaît la chanson.

Au final, la seule vraie solution, ce serait que l’État baisse ses taxes, et pas seulement sur les carburants. Pour ça, il faudrait qu’il fasse des économies et qu’il réduise son train de vie excessif, qui empêche les Français de vivre correctement de leur travail. On est loin des années 1970, où un seul salaire suffisait à vivre décemment : maison, vacances, tout ça.

Aujourd’hui, on travaille dur, on compte chaque euro, et on finit par rester chez soi le week-end pour ne pas exploser le budget essence. Quel recul, quand on y pense.

Regardez simplement une fiche de paie pour comprendre. En 1975, mon père était technicien comme moi et touchait environ 4 500 francs brut par mois. À l’époque, les cotisations étaient bien plus légères, autour de 10 %. Il ramenait quasiment 4 000 francs net à la maison. Avec un seul salaire, on pouvait payer le loyer, nourrir la famille, partir en vacances et même mettre un peu d’argent de côté.

Aujourd’hui, avec un salaire brut de 3 000 euros, ce qui représente un pouvoir d’achat similaire ou supérieur , je touche à peine 2 300 euros net avant impôt. Entre les cotisations sociales, la CSG et la CRDS, on me prélève plus de 25 % directement sur la fiche de paie, sans compter l’impôt sur le revenu et toutes les taxes sur la consommation et l’essence.

Voilà pourquoi un seul salaire suffisait à vivre correctement à l’époque et pourquoi aujourd’hui les deux parents doivent souvent travailler juste pour joindre les deux bouts.